Les principales dates jalonnant l’histoire du Mouvement familial

La naissance des associations familiales en France se situe entre la chute du Second-Empire et la guerre 1914-1918. A l’origine de ce phénomène, il y a la situation démographique et les courants de pensée très divers, très opposés qui ont traversé cette époque. Dès 1875 sont apparues en France les premières associations de familles. Progressivement, elles se sont développées et rassemblées par affinités. Elles ont ainsi donné naissance à des mouvements familiaux.

La « belle époque » fut une époque d’injustice et de pauvreté pour beaucoup.

Début du XXème siècle :

Progressivement, le Mouvement Familial a su imposer une prise de conscience politique du fait familial, des réalités familiales et des droits des familles. Ici et là, dans toute la France naissent des associations de pères de famille, des associations de familles nombreuses, des associations familiales d’entraide mutualistes et l’association des logements ouvriers.

En Août 1908, la « Ligue populaire des pères et mères de familles nombreuses » est créée.

En 1913, les primes sur la natalité sont améliorées, généralisées et versées après le 3ème enfant. C’est à partir de 1913 que différentes mesures sont prises au profit des familles sous la pression des mouvements familiaux. Après la loi d’assistance aux familles nécessiteuses en 1913, apparaissement successivement :
- les dégrèvements fiscaux en 1914
- La création des premières allocations familiales et des premières indemnités aux fonctionnaires ayant charge de famille en 1917
- la création d’un conseil supérieur de la natalité en 1920
- Entre 1920-1921, les sociétés HBM (Habitations à bon marché) reçoivent des avantages pour construire des maisons familiales et des réductions sont accordées aux familles nombreuses sur les chemins de fer, les musées, les tramways…..

En 1921, la Fédération nationale des associations de familles nombreuses est créée.

1932 est une année clé pour le Mouvement familial : le 11 mars 1932 est votée la loi sur les allocations familiales qui marque un point capital du développement de la politique familiale en France. Ces allocations sont désormais un droit pour l’ouvrier et non plus une libéralité patronale.

Le 29 Juillet 1939 : Le Code de la Famille voit le jour. Il est un ensemble qui reprend de nombreuses propositions déjà présentées par les associations familiales. Il comporte trois parties :
- la 1ère est relative aux aides accordées à la famille
- la 2ème concerne la protection de la famille
- la 3ème concerne les dispositions fiscales prises en faveur de la famille.

En 1939, Un responsable familial exemplaire, Georges PERNOT, a été le premier secrétaire d’Etat à la famille et l’un des initiateurs du Code de la famille. On assiste alors à l’émergence de politiques axées sur les besoins des familles. La famille investit l’espace public et devient en quelque sorte un syndicat d’intérêts.

Les années 40

La naissance du Code de la Famille est suivie de la création du Ministère de la population qui marque le renouveau de la famille en France. Il définit déjà, en vue prospective, la politique familiale qui sera mise en œuvre sous la IVe République et qui est poursuivie actuellement.

Avec le Code de la Famille, c’est une politique positive qui est définie et légalisée : désormais l’aide à la famille est reconnue et identique pour tous les Français, à quelle que classe sociale qu’ils appartiennent. Il doit y avoir pour toutes les familles : soutien moral et protection sociale. Mais à peine que ces droits étaient reconnus et affirmés que la guerre éclatait avec l’Allemagne hitlérienne.

Pendant la période d’occupation, on assiste à la mise en œuvre, par les associations familiales, de très nombreuses actions de solidarité matérielle et morale.

Maître Emmanuel Gounod – grand militant des droits de la Famille –va confirmer alors un certain nombre d’interventions et de propositions qui conduiront à la loi du 30 novembre 1942 qui a initié une première forme de représentation des familles auprès des Pouvoirs publics. A l’évidence, ce texte porte l’empreinte de la philosophie du pouvoir de l’époque. C’est ainsi qu’il nie la diversité d’expression.

Pendant cette période difficile et cruelle de notre Histoire, furent menées d’une part à Londres et à Alger et d’autre part dans la Résistance, des réflexions sur la place et la forme que pourraient prendre le Mouvement familial dans l’avenir.

A Londres et à Alger, des hommes qui entouraient le Général de Gaulle ont vu qu’il fallait appeler après la libération du pays toutes les forces économiques, sociales et culturelles à participer à sa reconstruction morale, civique, économique et sociale. A cette œuvre devraient participer les familles.

Le Général de Gaulle a expressément demandé de préparer les conditions permettant aux familles, reconnues comme autant d’éléments forts de la Nation, d’être associées à la reconstruction et d’une manière plus générale de faire entendre, en tant que familles, leur voix dans le débat social, économique et culturel.

Dans un pays déchiré par la guerre, dont l’économie était détruite et la situation démographique déséquilibrée, les familles pouvaient accéder de plein droit à une action politique développée au service du bien commun : participer à la représentation officielle des familles auprès des Pouvoirs publics et assurer la défense e leurs intérêts matériels et moraux.

L’ordonnance du 3 mars 1945 est fondée sur la rencontre de deux volontés :
- d’une part de la volonté des mouvements familiaux qui, depuis longtemps, recherchaient un moyen de créer entre eux une relation permanente forte
- et d’autre part la volonté du gouvernement provisoire de la République.

Rompant avec l’esprit qui avait présidé à la rédaction de la loi de 1942, cette Ordonnance du 3 Mars 1945 affirme la légitimité des associations familiales.

Les initiateurs de l’Ordonnance du 3 mars 1945 avaient donc voulu que les familles qui font individuellement l’effort d’adhérer à l’association familiale de leur choix, aient la responsabilité, collectivement, de représenter officiellement auprès des Pouvoirs publics l’ensemble des familles et de défendre les intérêts familiaux généraux et matériels. Il ne s’agit donc pas de procéder par une quelconque juxtaposition de problèmes et de points de vue. Il s’agit bien de se fonder sur des éléments-clés et des constats, afin de dégager des orientations à valeur politique universelle.

Parallèlement, en France, sous l’occupation, des responsables familiaux avec des personnalités extérieures à eux menaient une réflexion analogue.

Le 3 mars 1945, le Général de Gaulle signait une ordonnance au terme de laquelle étaient créées l’UNAF (Union Nationale des Associations Familiales) et les UDAF (Union Départementale des Associations Familiales) pour représenter officiellement l’ensemble des familles auprès des pouvoirs publics.

Le statut de l’Institution familiale est tout à fait singulier en ce qu’il s’agit d’associations instituées par le législateur qui leur octroie des responsabilités exceptionnelles. Elles sont de plus reconnues d’utilité publique. Ce dispositif est ainsi semi-public, car institué par les pouvoirs publics et reconnu comme un acteur et un outil de régulation de la vie sociale ancrés dans la durée.

En 1948, l’UNAF et les UDAF, font campagne en faveur des allocations familiales et en septembre 1948, l’allocation-logement est créée sous condition de ressources, destinée à compenser les effets de la libération des loyers, ainsi que d’une prime de déménagement.

Les années 50

- En 1953, deux nouveaux services apparaissent dans le mouvement familial : la location d’appareil ménagers et le guide familial initiés par l’UNAF et les UDAF.
- Elles interviennent auprès des parlementaires sur les domaines de la fiscalité, de la sécurité sociale et en faveur des mal-logés…

Les années 60 et 70

- Si l’ordonnance de 1945 permet le pluralisme et l’indépendance des associations familiales, les réalités familiales et la perception de ces réalités dans l’après-guerre ont évolué, notamment après les années 60.
- 11 juillet 1975 : La loi ouvre le champ d’action à toutes situations de responsabilité familiale (familles fondées sur un simple lien de filiation, personnes ayant la garde d’un enfant, couples mariés sans enfant). Le Parlement modifie le code de la famille par des dispositions qui tiennent compte de ces évolutions. La portée est double. D’une part, le Mouvement Familial accède à une reconnaissance nationale par l’intervention des représentants du peuple, d’autre part la représentation familiale au sein des unions est élargie aux associations qui poursuivent des buts spécifiques ou catégoriels (associations de familles adoptives, parents d’enfants handicapés...), ainsi qu’aux familles étrangères établies légalement en France.
C’est d’ailleurs la plus grande nouveauté puisque l’UNAF et les UDAF ne représentent plus seulement les familles françaises mais toutes les familles vivant en France qu’elles soient françaises ou étrangères.

Les années 80

- 5 janvier 1988 : UNAF et UDAF sont légalement reconnues comme des organisations de consommateurs.

Les années 90

- Adoption, dans le cadre des Nations Unies, de la Convention internationale des droits de l’enfant. La France ratifie la convention le 8 août 1990.
- En 1994, est célébrée un peu partout l’Année Internationale de la Famille. Chapeautées par le Ministère des Affaires Sociales, les festivités se déroulement durant toute l’année. Organisant diverses manifestations, des colloques sur le thème de la famille, l’UNAF et les UDAF seront très sollicitées. Un livre blanc, envoyé à l’ONU, est rédigé.
- Les décisions de célébration de l’Année Internationale de la Famille ont fait l’objet de vastes débats au sein de l’ONU. Les traditionalistes auraient sans cesse essayé de contrôler les discussions. Il fut décidé, pour ne mécontenter aucune susceptibilité, que le slogan des célébrations serait : " la famille, la plus petite démocratie au cœur de la société
- En 1995 : l’UDAF et les UDAF organisent des manifestations en l’honneur de leur 50ème anniversaire. Depuis plus d’un demi-siècle, c’est dans un cadre législatif que les UDAF ont inscrit leur histoire, acquis leur expérience, conforté leur légitimité, ancré leurs racines.
- Ces dernières années voient l’accroissement de la gestion des services sociaux (le plus important étant le service des tutelles). Les UDAF deviennent ainsi des acteurs incontournables de l’action sociale départementale.
- En 1996 : création de la conférence annuelle de la famille

Les années 2000

- L’année 2001 a marqué le centenaire de la vie associative : la loi de 1901. L’UDAF en a fait le thème de son assemblée générale "100 ans de vie associative : quel bilan, quels enjeux, quel avenir ?".
- En 2005, ce fût le 60ème anniversaire de l’UNAF et des UDAF.
- Installé en juin 2009, le Haut Conseil de la Famille est placé sous la présidence du Premier ministre. Il se substitue à la Conférence annuelle de la famille et au Haut conseil de la population et de la famille. Les missions du HCF sont d’animer le débat public sur la politique familiale, formuler des recommandations et propositions de réforme, mener des réflexions sur le financement de la branche famille de la sécurité sociale et son équilibre financier

<< Retour

Dans la même rubrique

Accompagner - Développer - Défendre

22 cours du Temple
BP 430
07000 Privas Cedex
Tél : 04 75 64 82 61
Fax : 04 75 64 78 14
Mel : udaf.ardeche@wanadoo.fr